- Hide menu

Four Seasons at the Market of Place Richelme

For the last twenty years I've frequented the market of place Richelme in Aix-en-Provence where I've become a regular. After a few years of observations I decided to start a photographic project that aims to show over the course of four seasons the 'life' of this market - merchants, traders, customers, tourists - and to capture the changing lights, colours and rhythms.

Place Richelme is situated next to the place de l'Hotel de Ville. It's shaped in a sort of T, made up of a great rectangular square east/west bordered on the north side by the old grain hall, and open to the south on a smaller square in the middle of which a tired boar poses for tourists and guards the fishermen's trucks. Eleven trees give it cover, offering shadows during sunny days and an almost skeletal roof in winter.

Coming from the place de l'Hotel de Ville two streets bring you to place Richelme: rue Marechal Foch on which the telamons of Hotel d'Arbaud stand guard at the market's entrance, and rue Vauvenargues where you pass beneath the mocking stares of the mascarons of the old grain hall and a surreal mannequin that stands laughing no matter the season.

Rue Mejanes and rue Chabrier meet in the east corner of the market marqued by Maison Weibel, a famed local patisserie with exceptional products.

On the other side of the square we find rue des Marseillais and the extension of rue Marechal Foch. Many shops, cafes and restaurants border the square. There is even a pharmacy, you never know, and a renowned wine shop.

You could live self-sufficiently on this square thanks to the market's produce, its shops, Amanda's pizzas, the delicious cakes of Maison Weibel, and the coffees and exotic teas of la Brulerie - one of the cornerstones of place Richelme - and all the square's coffees and restaurants.

The market opens around 7h30 in the morning (for a few rare clients), reaches its peak around 11h30 and closes around 13h under the authoritarian glare of the council's employees while the cadre of cleaners wearing yellow fluorescent jackets awaits their time to clean up the square and give it to the cafe and restaurant owners who then transform it into a giant drinking area.

In the market you'll find regulars, visitors, people in a hurry, curious people, those lost, those who are just passing through, and tourists - on their own or in orderly hordes - who assault the whole thing with their digital cameras, capturing pictures in a hurry without ever taking time to look at the square or the life it is host to.

The market is open everyday, but on Saturday morning it is THE market.

People meet up ("Come give me a kiss pretty!"), people shout at each other ("what time do you call this?", "my husband is still/always/already at the cafe!"), people help each other ("can you plug me in please"), people kiss each other on the cheeks, they set up, they move their cars, they go drink a coffee, eat a sandwich, a pain au chocolat or a pizza, people tidy up the boxes, prepare the trays, lay the ice, line up the fish, arrange their bread, put a lemon on the top of a swordfish's nose, open mussels, cut open melons and fruits for customers to taste, hang their garlic bunches, people help each other more than they moan, they pile up vegetables in ways that are more or less safe, they tell each other stories, they skewer their chickens for grilling ("with my chickens I've got my own dirty movies every day"), they write down the prices on the signs, they arrange the eggs by size, put out the flower arrangements, look for change and prepare bags, both plastic and paper.

Come closer ladies and gentlemen, the show is about to start...

Les quatre saisons du Marché de la Place Richelme

Depuis une vingtaine d’années, je fréquente le marché de la place Richelme, à Aix-en-Provence dont je suis devenu un habitué. Après quelques années d’observations, j’ai décidé de me lancer dans un projet photographique destiné à montrer au cours des quatre saisons la « vie » de ce marché - marchands, commerçants, chalands, touristes - et d’en saisir les changements de lumières, de couleurs, et de rythmes.

La place Richelme se situe à côté de la place de l’Hôtel de Ville. Elle forme une sorte de T, constitué d’une grande place rectangulaire est-ouest bordée au nord par l’ancienne halle aux grains, ouverte au sud sur une placette au milieu de laquelle un sanglier épuisé pose pour les touristes et surveille les camions des poissonniers. Onze platanes forment la voûte, assurent l’ombrage du lieu aux beaux jours et exhibent une charpente squelettique en hiver.

Venant de la place de l’Hôtel de Ville, deux rues conduisent à la place Richelme : la rue Maréchal Foch où les atlantes de l’Hôtel d’Arbaud surveillent l’accès au marché, et la rue Vauvenargues, où l’on passe sous les regards moqueurs des mascarons de la halle aux grains et d’un improbable mannequin hilare qu’aucune saison ne parvient à déloger.

La rue Méjanes et la rue Chabrier se rencontrent dans le coin est du marché marqué par la maison Weibel, pâtisserie aixoise de renom aux produits exceptionnels.

De l’autre côté de la place, on trouve la rue des Marseillais et le prolongement de la rue Maréchal Foch. Plusieurs commerces, cafés et restaurants bordent la place. Il y a même une pharmacie, sait-on jamais, et un marchand de vin, éminent caviste.

On pourrait sur cette place vivre en autarcie grâce aux produits du marché, aux commerces, aux pizzas de la pulpeuse Amanda, aux exquises viennoiseries de la maison Weibel, sans oublier les cafés et thés exotiques de la Brûlerie - lieu incontournable de la place Richelme - et tous les cafés et restaurants.

Le marché ouvre vers 7h30 (pour quelques rares clients), culmine en fréquentation vers 11h30, et se termine vers 13h sous le regard autoritaire des employés de Mairie pendant que l’escouade de balayeurs jaune fluorescent attend de pouvoir nettoyer le lieu et le donner aux cafetiers de la place qui le transforment en un immense débit de boisson aux juxtapositions et collisions visuelles et sonores plus ou moins heureuses.

On y trouve des habitués, des promeneurs, des pressés, des curieux, des égarés, des passants, et des touristes - seuls ou en hordes serrées – qui mitraillent l’ensemble à grand renfort de pixels numériques pour des images saisies souvent à la hâte sans vrai regard sur le lieu et sa vie.

Le marché se tient tous les jours, mais le Samedi matin c’est LE marché.

On se retrouve (« Viens me faire la bise, mon beau ! ») on s’interpelle (« C’est à cette heure-là que t’arrives ? », « Vé, mon mari il est déjà/encore/toujours au café ! »), on s’entre-aide (« Oh, branche moi la prise ! »), on se fait la bise, on installe, on dégage les véhicules, on va boire le café, on se tape le sandwich, le pain au chocolat ou la pizza, on range les cageots, on prépare les paniers, on tasse la glace, on aligne les poissons, on arrange les pains, on plante un citron sur la pointe de l’espadon, on ouvre les moules, on découpe des melons et des fruits à goûter, on suspend les tresses d’ail, on donne plus de coups de mains que l’on ne pousse de coups de gueules, on fait des empilements de légumes plus ou moins stables, on se raconte des histoires, on enfile les poulets sur les broches (« Avec mes poulets, je fais du X tous les jours ! »), on met les prix sur les étiquettes, on classe les œufs par tailles, on dispose les bouquets de fleurs, on cherche de la monnaie, on prépare les sacs plastiques et en papier, ...

Approchez, Mesdames et Messieurs, la fête va commencer...