- Hide menu

Autumn at the Market of Place Richelme

In Provence Autumn starts with a summer who refuses to leave, days still lending themselves to exhibiting summer tans. The end of September is simply the softer continuation of scorching August. October brings with it the first fresh mornings, November floods the place with its Autumn rains and December brings us mercilessly towards a Christmas often preceded by biting cold.

First the tourists become rarer, while regulars return. Terrace spots are still hard to get, all to sit down for a coffee, read a newspaper, try a croissant or wait for a rendez-vous.

The sun has made good progress in its descent South. The light is now oblique and softer. It no longer enters the square in the same way. It ignores Rue Chabrier, languishes on the roof tops, seems to be waiting for the crowds to welcome them and towards 9AM finally makes its entrance in the back of sanglier statue, the first recipient of its benefits. Towards the end of the season it only shines on the roof and higher parts of the grain hall. The atlantes from Hotel d’Arbaud having to make do with an autumn spent catching the late morning light.

The sycamore trees have gone yellow, their leaves beginning to clutter the market’s stone paving. The mornings are fresher and the first rains have definitely brought the temperatures down. Tee shirts and lighter shirts become rarer, as have shorts. Winter coats make their appearance, alongside warm jumpers, and snow coats for those coldest. Scarves and headscarves bring color notes sometimes improbably combining with the vendors’ blue hats.

Tomatoes and other summer vegetables become rarer. Melons no longer have any taste, the last of the peaches are huddled together for warmth, and the few strawberries who still dare show themselves are disgusting. Fruits are less colored. Pears, raisins, apples, pumpkin and other squash taking over the same stalls on which the few remaining summer produce try and grab shoppers’ attention.

Starting in November, early in the morning the terraces are left to the smokers who huddle under the warmers. We meet in the Bruleries, not outside anymore. And we wait for the sun who makes itself expected.

After the rain the ground doesn’t dry and so walkers go slower. The fear of slipping and falling between stalls is high especially the fishmongers’ where Virginie is showing off her new green gloves and where Martine, covered up in a winter coat, is complaining of the cold while still proudly showing off her new hair colour.

The end of autumn, and the market starts a lot slower. People bring their warmest clothes. Gloves are only removed to give money. The sun in its incline cuts oblique and cold light rays on the stalls and the passageways of the market.

Hordes of tourists sheepishly follow numbers and grab furtive images of a cold and sometimes freezing market. A group of photography students try and capture the unspeakable poetry of a lemon pile.

In the Brulerie Jeanne keeps watch over the coffee grinder while Sophie lets the liquid flow into cups which Marion and Magali bring to the outdoor tables. Over at Weibel staff are busy smiling and selling their pastries which join the warm drinks on the terraces of the nearby cafes. People are also starting to prepare, with a dose of anxiety, for the Christmas rush. At Unic Caroline is presiding over proceedings from her throne. Amanda is close to the pizza ovens under the loving stares of the young fishmongers. The regulars at the PTT bar have taken refuge indoors. In front of the pharmacy, where the first victims of cold are starting to queue up, activists give out flyers for a better world. Musicians from different places hammer away, with little enthusiasm and on nasty looking instruments, at classics or offer those who walk past the benefit of a cheap and nasty earworm. The laughing dummy on Rue Vauvenargues is now dressed for the season. At the Horloge bar tables are being prepared for lunch. Food and money pass hands. People laugh, some wait, bags and push carts fill up. Delivery boys stack up their vehicles before driving towards to many of the city’s restaurants. People wait for chicken, fish, organic bread…

The market continues.

Automne au marché de la place Richelme

En Provence, l’automne débute par un été qui refuse de quitter la scène, et les journées se prêtent encore à l’exhibition des bronzages estivaux. La fin septembre n’est que la continuité adoucie d’un août brûlant. Octobre apporte les premières fraicheurs au matin, novembre inonde les lieux par les pluies d’automne et décembre nous amène sans pitié vers un Noël souvent précédé de froidures insolentes.

Tout d’abord les touristes se font plus rares, les habitués reviennent. Les places en terrasse sont toujours aussi disputées, pour y prendre un café, lire le journal, déguster un croissant, ou attendre un rendez-vous.

Le soleil a bien entamé sa descente vers le Sud. La lumière désormais oblique est plus douce. Elle n’entre plus sur la place de la même manière. Elle ignore la rue Chabrier, paresse sur les toits, semble attendre que la foule soit présente pour l’accueillir et vers les 9 h du matin se présente enfin en biais dans le dos du sanglier, premier bénéficiaire de ses bienfaits. En fin de saison, elle n’éclaire que le toit et le haut de la halle aux grains. Les atlantes de l’Hôtel d’Arbaud doivent se contenter d’une aumône de soleil en fin de matinée.

Les platanes ont viré au jaune, leurs feuilles commencent à joncher les pavés du marché. Les matins sont plus frais et les premières pluies ont définitivement fait chuter la température. Les tee-shirts et autres chemisiers légers se font rares, tout comme les pantalons courts ou les shorts. Les vestes polaires sont apparues, avec les gros pulls, et quelques doudounes pour les plus frileuses. Les foulards et les écharpes apportent des notes de couleur avec parfois d’improbables bonnets bleus des vendeurs de légumes.

Les tomates et autres légumes d’été se font plus modestes. Les melons n’ont plus de goût, les dernières pêches sont filandreuses, et les rares fraises qui osent encore se mettre à l’étal sont insipides. Les fruits sont moins colorés. Les poires, les raisins, les pommes, les citrouilles et les courges dominent les étals sur lesquels quelques produits estivaux essaient de rester en évidence.

A partir de Novembre, de bonne heure le matin, les terrasses ne sont plus fréquentées que par les fumeurs qui se groupent sous les réchauds. On se retrouve dans la Brûlerie et moins à l’extérieur. On attend le soleil qui maintenant se fait désirer.

Après la pluie, le sol ne sèche pas, alors les pas se font plus prudents. On redoute la glissade entre les étals des poissonniers où Virginie arbore de superbes gants verts et où Martine, emmitouflée dans sa doudoune, commence à se plaindre du froid mais annonce fièrement qu’elle a changé de couleur de cheveux.

Fin de l’automne : le marché est plus lent à démarrer. On porte bonnets, écharpes, grosses bottines, anorak et doudounes rembourrées. Il faut ôter les gants pour donner l’argent ou rendre la monnaie. Le soleil incliné taille des tranches de lumière oblique et froide sur les étals et dans les allées du marché.

Des troupeaux de touristes suivent docilement des numéros et saisissent au passage quelques images d’un marché frileux et parfois grelottant. Un groupe de stagiaires photographes s’évertue à saisir l’indicible poésie d’un empilement de citrouilles.

Dans la Brûlerie, Jeanne surveille la machine à torréfier et Sophie fait couler les cafés que Marion et Magali apportent aux tables dehors. Chez Weibel, on s’active avec le sourire à la vente des viennoiseries qui partent rapidement agrémenter les boissons chaudes aux terrasses des cafés voisins, et l’on se prépare non sans angoisse à la fièvre des commandes de Noël. A l’Unic, Caroline trône et surveille son monde. Amanda reste près des fours à pizza sous les regards énamourés de jeunes poissonniers. Les habitués du bar des PTT sont réfugiés à l’intérieur. Devant la pharmacie qui accueille les premiers grippés, des militants distribuent des tracts pour un monde meilleur. Des « musiciens » venus d’autres horizons massacrent sans enthousiasme sur de méchants instruments des chefs-d’œuvre de la musique qui n’en peuvent mais, ou assènent aux passants des refrains criards qui s’incrustent dans leurs têtes. Le mannequin rieur de la rue Vauvenargues est désormais vêtu de chaud. Au bar de l’Horloge on dresse les tables pour le déjeuner. Victuailles et argent changent de mains. On rigole, on attend, on remplit les sacs et les chariots. Les livreurs poussent les diables surchargés vers les restaurants de la ville. On fait la queue pour du poulet, du poisson, du pain bio…

La vie du marché continue.