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Summer at the Market of Place Richelme

I start the project on June 24th. The sun is north. Early morning, light throws itself almost horizontally on the place Richelme from rue Chabrier, stroking the front of patisserie Weibel, sliding across the stones on which are piled up fruit and fish boxes before lighting up the interior of la Brulerie where tables and chairs are arranged next to the coffee machine.

Later the trees harness the sun and project onto the market a impressionist mosaic of shadows and light tunnels. By the end of the market the light is vertical, cutting and hot, and people are in a hurry to leave as the heat gets worse.

All summer long Provence offers what it does best: tomatoes, peppers, aubergines, asparagus, peaches, melons, strawberries, apricots and other fruits and vegetables in a luxurious palette of colours, tones and shades.

La Brulerie brings down its red cover next to the blue one from the Trois Dauphins fishery. The colours coexist and give the customers some surprising colourings.

The regulars arrive early, taking their coffee on the terrace of their favourite bar - if places are available - before doing their shopping ahead of the rush. Around 10h the market becomes a chaotic pedestrian pile up, made worse by the columns of tourists trying to follow a blue number or umbrella that somehow just about manages to emerge from the mess of naked heads, hats and caps.

People take shopping bags, they look around, get a feel, hesitate, they get stuff weighted, they give money, take their food, come back, ask for some parsley, and they move away towards another stall or a terrace for a coffee or a glass of wine, depending on the hour and the heat.

At the end of the market the merchants and stall holders must leave the area with little ceremony. The trucks pull back in, the boxes are once more piled up, the stalls taken down, the tills turned off, the boxes and bags put away, the parasols folded while those who take food from what's deemed 'unsellable' argue with the cleaning staff.

September: the sun has turned towards the south. Light ignores rue Chabrier and shines only on the second floor of the old grain hall before coming to a rest on the boar. The trees' leaves are going yellow and begin to cover the floor. The first rains have chased the summer's most ardent regulars. Autumn is getting ready and brings with it the first warm clothes for the early birds. Grapes have appeared, apples and pears too, melons are getting rarer, peaches have less taste and mushrooms won't be long now.

A new season is coming, and with it new lights...

Eté au marché de la place Richelme

Je me lance dans le projet le 24 juin. Le soleil est au septentrion. Tôt le matin, la lumière s’engouffre presque à l’horizontale sur la place Richelme par la rue Chabrier, caresse la vitrine de la pâtisserie Weibel, glisse sur le pavé où sont empilés les cageots de fruits et les caisses de poissons puis éclaire l’intérieur de la brûlerie où les chaises et les tables sont rangées à côté de la machine à torréfier.

Plus tard, les platanes tamisent le soleil et projettent sur le marché une mosaïque impressionniste de tâches d’ombres et de faisceaux de lumière. A la fin du marché la lumière est verticale, tranchante, brûlante, et l’on s’empresse de quitter le lieu sous la chaleur écrasante.

Tout l’été, la Provence propose ce qu’elle produit de mieux : tomates, poivrons, aubergines, asperges, pêches, melons, fraises, abricots, et autres fruits et légumes dans une luxuriante palette de couleurs, teintes et tons.

La brûlerie descend son store rouge qui côtoie la tenture bleue de la poissonnerie des trois dauphins. Les couleurs cohabitent et donnent aux consommateurs des teintes surprenantes.

Les habitués viennent de bonne heure, prennent leur café à la terrasse de leur bar favori - lorsque des places sont disponibles - et vaquent à leurs achats avant l’arrivée de la foule. Vers 10h le marché se transforme en un chaotique embouteillage piétonnier, encore aggravé par les colonnes de touristes qui suivent avec peine un numéro bleu ou un parapluie qui émerge péniblement des têtes nues, chapeaux et diverses casquettes.

On prend les corbeilles, on tâte, on sent, on hésite, on fait peser, on tend l’argent, on prend les achats, on revient, on demande du persil, et on s’éloigne vers une autre emplette ou vers une terrasse pour un café ou un rosé, en fonction de l’heure et de la température.

A la fin du marché, les marchands doivent quitter les lieux sans tarder. On fait revenir les camions en judicieuses manœuvres, on empile à nouveau les cageots, on démonte les étals, on débranche les caisses, on range les corbeilles et les sachets, on replie les parasols pendant que les glaneuses apparaissent et disputent aux éboueurs les produits invendables.

Septembre : le soleil a basculé vers le Sud, la lumière ignore la rue Chabrier et n’éclaire plus que le deuxième étage de la halle aux grains avant de venir paresser sur le sanglier. Les feuilles des platanes jaunissent et commencent à joncher le sol. Les premières pluies ont chassé les grandes chaleurs de l’été. L’automne se prépare et fait revenir les premiers vêtements chauds de bonne heure le matin. Le raisin est apparu, les pommes et les poires sont revenues, les melons se font rares, les pêches ont moins de goût, les champignons ne vont pas tarder.

Une autre saison s’annonce, porteuse d’autres lumières...