- Hide menu

Venise

Francais

Peu importe le nombre de fois que l’on revient sur le Grand Canal, le choc est renouvelé, intact, inévitable. La magie de la Sérénissime agit comme à la première rencontre, et l’émerveillement nous emporte dans une atemporalité sublime.

Tout en ce lieu contribue à l’enchantement du regardeur : les horizons dans lesquels se fondent les nuances de la lagune et les tons improbables du ciel, l’obscurité humide d’une ruelle qui se jette dans l’éclat limpide d’un canal inattendu, la douceur nostalgique d’un visage d’ange figé dans l’inéluctable décrépitude d’une façade, la rassurante lenteur de bateaux ventrus qui émergent de la brume dans les pastels d’un matin mystérieux, et les canaux dont les reflets transforment en autant d’oeuvres abstraites des multitudes de compositions classiques.

Dans ce théâtre où parfois la nuit nous pouvons voir ce que le jour nous cache, l’ombre et la lumière se disputent les pans de murs lézardés, les ruelles en enfilades étroites et déroutantes, les placettes éclatantes et sonores. Elles redéfinissent dans des jeux de scène incessants les effets visuels que Venise nous offre pour peu que l’on accepte de s’y perdre.

On voudrait près d’un couvent croiser Vivaldi allant donner une leçon de musique, sur un pont apercevoir Casanova en chemin vers le déshonneur libertin d’une jeune ingénue, ou encore observer Canaletto mettant une touche finale au tableau d’un palazzo destiné à immortaliser l’orgueil d’un riche négociant.

Des paysages les plus larges aux détails les plus infimes, j’ai tenté de saisir les images qui ont éveillé en moi tant d’émotions et de surprises. Tout y est bonheur, et je n’ai qu’une envie : y retourner.

English

No matter how many times you return to the Grand Canal, the shock is renewed, intact, inevitable. The Serenissime’s magic is the same as the first time, and the wonderment takes us beyond time.

Everything in this place contributes to the pleasures of the watcher: horizons in which melt the lagoon’s nuances and the sky’s shading, the obscure humidity of a small street throwing itself unexpectedly into the reflection of an unknown canal, the nostalgic sweetness of an angel’s face frozen into a wall still crumbling down, the reassuring slow pace of boats emerging from the morning fog into the pastels of a mysterious morning, and the canals’ reflections transforming the myriad classical compositions into so many abstract pieces.

In this theatre, where sometimes at night we can see what daytime hides from us, shadow and light fight for pieces of criss crossed walls, small streets both tight and disconcerting, and the loud and bright squares. Together they redefine, in never ending sceneries, the visual effects that Venice offers if we just become willing to lose ourself in it.

Near a convent we might perhaps wish to see Vivaldi on his way to give a lesson, on a bridge catching sight of Casanova on his way to a young libertine, or even to see Canaletto putting the final touch to a painting of a palazzo destined to immortalise the pride of a rich merchant.

From the biggest landscapes to the finest details, I’ve tried to capture images that evoked in me so many emotions and surprises. Everything is happiness, and I’ve only one wish: to go back.

Comments are closed.